Les résulats des élections sénatoriales en Essonne - anti chambre des présidentielles et mise en jambe des diverses écuries politiques, Ô combien enragées en ce département qui regorge d'ambitieux et ambitieuses aux egos surdimensionnés et qui tous et toutes supputent déjà sur leurs futurs maroquins - seront à examiner avec attention, parce qu'à l'arrivée le choix des grands électeurs révélera la victoire ou l'échec des appareils face aux offres purement terrain.
Outre le fait que la gauche a raté son coup de présenter une liste unique - à noter toutefois la conversion intéressante du Parti de gauche à la "real politik" qui a finalement renoncé à présenter une liste mais qui a "intelligement (?)" su négocier son retrait contre d'autres promesses électorales, lesquelles n'engagent que ceux qui veulent y croire, en échange d'un soutien bienvenu à la liste "officielle du PS, des Verts et du PC", la persistance de l'ancien président PS du Conseil général à présenter la sienne a mis la fédération du PS en transe.
Michel Berson et Jean-Vincent Placé le 14 juillet lors de la réception en Préfecture
Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé de le convaincre que figurer en 5ème place sur la liste Placé selon la construction "intellectuelle" tordue suivante et détaillée dans www.boocan.com du 19 juillet dernier en ces termes "jeudi soir lors de la réception du préfet organisée à l'occasion du 14 juillet, des "camarades" se sont beaucoup démenés pour convaincre Michel Berson que sa 5ème place pouvait quand même lui permettre de siéger au Palais du Luxembourg et qu'il ne servait à rien qu'il parte en dissidence !
Leur raisonnement est le suivant : Si la gauche gagne l'élection présidentielle, Jean-Vincent Placé sera ministre (ndlr :et devra renoncer à son siège de sénateur), Si la liste de gauche remporte trois sièges de sénateurs et Si Maud Olivier (ndlr: qui figure en 4ème place sur la liste des sénatoriales mais qui sera devenue sénatrice puisque Jean-Vincent Placé sera devenu ministre) est ensuite élue députée en 2012 (ndlr: parce qu'elle sera candidate sur la 5ème circonscription) ... alors Michel Berson pourrait bien devenir sénateur ! Certains appellent ça un marché de dupes ..."
Cette candidature présentée come "complémentaire" mais dénoncée comme "dissidente" et qualifiée "d'aventure personnelle d'un homme qui ne veut pas raccrocher" aura, on l'aura compris beaucoup, beaucoup, beaucoup énervé au PS.
Au point que certains on eu le sentiment que "les canons à merde étaient de sortie."
A main droite la situation n'est pas plus apaisée. Les tentatives de Serge Dassault d'éliminer la concurrence - y compris de façon sonnante et trébuchante aux dires de certains - auront elles aussi échouées puisqu'au final on se retrouve avec 4 listes de droite auxquelles s'ajoutent une liste FN et deux liste ovnis, dont l'une est composée d'opposants à Georges Tron et ce au nom d'une "république irréprochable !"
"La candidature de Serge DASSAULT à 86 ans c'est... par boocan
Si Laurent Béteille, sénateur sortant UMP, ne s'est pas privé de moquer son aîné Serge Dassault estimant "qu'à 86 ans c'était le combat de trop", il a cependant bénéficié d'une hypocrite mansuétude de la part de l'UMP qui l'a autorisé à se revendiquer "majorité présidentielle" et à renoncer à l'exclure.
Ultimes (?) négociations entre Serge Dassault et Xavier Dugoin, le 16 juin dernier lors de l'inauguration d'un centre nautique à Doudan
Une exclusion à laquelle Xavier Dugoin n'a lui non plus pas échappé ainsi que ses colitsiers UMP, Marianne Duranton et Dominique Echaroux et, campagne oblige, certains ressortent opportunément le dossier d'affaires passées de l'ancien président UMP du Conseil général.
Quant à Vincent Delahaye, qui essaiera de faire mieux qu'en 2004 - il avait échoué au pied du podium avec 221 voix (Laurent Béteille avait réalisé un score de 263 et gagné son ticket d'entrée au Sénat), il a reçu un soutien à géométrie variable du Modem.
Au final et pour revenir à nos moutons, les résultats qui s'annoncent très, très ouverts, même s'agissant du score de Serge Dassault qui a fait beaucoup d'erreurs pendant cette campagne notamment avec ses manières d'inviter à tour de bras - y compris le jour de l'élection - de faire venir des traiteurs lorsqu'il allait à la rencontre des grands électeurs dans leur commune ou d'envoyer un bilan de campagne de 400 pages que personne d'autre que lui n'avait les moyens de se payer...
Mais la principale leçon à retirer des résultats de dimanche sera celui de l'influence des appareils. Un carton plein de la liste Placé - la gauche rassemblée et écolo vise 3 sièges comme en 2004 - et la réélection de Serge Dassault seraient à l'évidence le signe que les partis pèsent toujours bon poids.
A l'inverse des percées de Michel Berson ou de Xavier Dugoin seraient la preuve que le terrain peut faire entendre sa voix.

Michel Berson et Xavier Dugoin, l'un PS, l'autre UMP - tous deux exclus et tous deux anciens président du Conseil Général de l'Essonne - vont-ils damer le pion à leurs appareils politques respectifs?
Cet enjeu explique sans doute la fébrilité, les méthodes et les moyens dépensés tant pas l'UMP que le PS, en Essonne et ailleurs!
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